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Mardi 13 décembre 2005

Voici le lien pour découvrir un rapport accablant sur les discriminations subies par les femmes issues de l'immigration:

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2714.asp

 Comme le note cette étude, dont le thème avait été arrêté il y a un an, "l'intégration des femmes immigrées et issues de l'immigration est une des clés de la réussite de l'intégration de l'ensemble des populations immigrées". Les récents événements dans les banlieues "viennent malheureusement, a posteriori, justifier la pertinence de ce choix", constate la présidente de la délégation, Marie-Jo Zimmermann, députée (UMP) de la Moselle.

Le document s'écarte résolument de la tendance à la stigmatisation des "fautes" de l'immigration qui a nourri le débat politique à la suite des violences urbaines de la première quinzaine de novembre. Il rappelle qu'"une des difficultés principales dans la lutte pour l'amélioration de la situation des femmes immigrées et issues de l'immigration réside dans leur invisibilité, celles-ci n'étant pas représentées dans les instances dirigeantes, les syndicats, les associations et les partis".

Le rapport dresse un bilan accablant tant des discriminations sociales et professionnelles auxquelles elles sont soumises que des violences dont elles sont victimes. En rappelant, en premier lieu, qu'aujourd'hui l'immigré est, de plus en plus, une "immigrée" : au 1er janvier 2004, sur les 4,5 millions d'immigrés résidant en France métropolitaine, 50,3 % étaient des femmes.
La précarité qu'elles subissent sur le marché du travail n'en est que plus évidente, même si elles représentent à présent 41 % des actifs immigrés, contre 35 % en 1990. Leur insertion professionnelle, cependant, "s'apparente à une course d'obstacles", note la délégation : "La réussite scolaire n'est pas, pour les jeunes filles issues de l'immigration, synonyme d'une bonne insertion professionnelle." Le taux d'emploi pour les jeunes filles originaires du Maghreb est ainsi de 65,8 %, contre 79,5 % pour celles d'origine française. Sur les huit principales professions exercées par les femmes immigrées, sept sont des professions non qualifiées, contre trois pour les Françaises.

L'accès au premier emploi se fait, dans la grande majorité des cas, sous un statut précaire (intérim, contrat à durée déterminée, vacations). Elles ne sont en revanche que 8,8 % à être cadres. Environ 40 % des femmes issues de l'immigration ayant une formation de l'enseignement supérieur accèdent à l'emploi en temps partiel, contre 22 % pour les Françaises d'origine.

"CHANTAGE AUX PAPIERS"

L'accumulation de ces difficultés se traduit par un découragement de fait. "Constatant les difficultés d'insertion sur le marché du travail de leurs aînées, qui, elles, avaient beaucoup investi dans leur éducation, ces jeunes filles semblent de moins en moins croire à une quelconque ascension sociale par l'école, et paraissent même capituler", s'inquiète le rapport.

L'insécurité sociale et professionnelle se double d' une infériorité juridique aux conséquences parfois dramatiques". Le rapport met en cause l'application du statut personnel établissant que toute personne étrangère est soumise, en matière d'état civil, de régime matrimonial, de filiation ou de succession, à la loi du pays dont elle possède la nationalité. "Les effets sont dramatiques en ce qui concerne la répudiation et la polygamie", constate la délégation, soulignant que "les femmes sont l'objet d'un véritable chantage aux papiers". Le paradoxe réside dans ce que les phénomènes de "ghettoïsation" combinés à l'aggravation des difficultés économiques aboutissent à "réinventer" des traditions dites identitaires, parfois même au-delà de ce qui se pratique dans les pays d'origine.

Ainsi la précarité de la situation juridique des femmes issues de l'immigration les expose-t-elle aux violences tant physiques que psychologiques, dont elles ont d'autant plus de mal à s'affranchir
qu'elles craignent souvent de s'adresser aux autorités policières ou judiciaires. Aussi la délégation juge-t-elle prioritaire de conforter leur autonomie juridique en limitant l'application du statut personnel.

Patrick Roger

Article paru dans l'édition du 08.12.05
 
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http://www.humanite.fr/journal/2005-12-09/2005-12-09-819602
 
Société
Triples peines pour les femmes immigrées
 
inégalités . Victimes de discriminations sociales, professionnelles et de violences familiales, elles sont les grandes oubliées de la République.
 
La délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale a rendu mercredi son rapport consacré cette année aux discriminations sociales et professionnelles dont sont victimes les femmes issues de l'immigration en France. Invisibles dans l'espace public, dans les syndicats comme dans les partis et les associations, elles constituent pourtant avec un pourcentage de 50,3 %, plus de la moitié des 4,5 millions d'immigrés de l'Hexagone. Le rapport détaille la « double discrimination » dont elles sont victimes, en tant que femmes et en tant qu'immigrées ou filles d'immigrés en termes d'accès à l'emploi. Leur taux d'activité n'est que de 57,1 % contre 63,1 % pour les Françaises, et le taux de chômage atteint les 20 % contre 11 % pour les Françaises.
 
De plus, parmi les huit principales professions qu'elles exercent, sept sont des professions non qualifiées. Seules 8,8 % de ses femmes ont le statut de cadre. Accablant de constater que la réussite scolaire n'est pas une garantie pour les jeunes filles d'insertion professionnelle. Parmi celles qui ont obtenu un diplôme de l'enseignement supérieur, 40 % obtiennent un emploi à temps partiel contre 22 % pour les Françaises d'origine. Cette « insécurité sociale et professionnelle » se double, selon le rapport, « de la permanence de cultures traditionnelles oppressives » comme les mariages forcés, la polygamie et les mutilations sexuelles.
 
Les auteurs du rapport proposent de réformer l'application du statut personnel, établissant que toute personne étrangère est soumise, en matière d'état civil, de régime matrimonial, de filiation, à la loi du pays dont elle possède la nationalité. Victimes de chantage aux papiers, de répudiation et de la polygamie, ces femmes ne sont pas protégées par les lois républicaines, dont certaines ont de plus besoin d'être réformées : l'âge légal du mariage en France est toujours de 15 ans pour les filles et
de 18 ans pour les garçons !
 
Maud Dugrand

 

 

Par Nadia Kurys - Publié dans : Vu sur le Net
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